Merci, occident, pour tes bombes pour ton plomb,
Merci, occident, pour tes missiles et avions,
Merci, Mauser, Merci Nobel Merci Molotov,
Merci Dassault, Thompson, Kalachnikov,
Merci à l'orient pour ses mines personnelles,
Merci aux Balkans, pour les balles réelles,
Merci aux Western pour le Magnum et Bazooka,
Merci aux Romains, pour leur colt Beretta,
Merci, à tous, pour ces cadeaux couteux,
A prix d'or achetés, par des leaders douteux,
Qui sans remords ni la moindre hésitation,
Tirent dans le tas à bout portant,
Dans les têtes, entre les yeux des enfants,
Dans les cortèges des prières, dans les cortèges des fêtes,
Sur les robes rouges et blanches des fillettes,
Sur la vie, dans toutes ses formes parfaites.
Merci pour ces cadeaux, occident civilisé,
Merci encore, pour tes dictateurs infiltrés,
Merci pour tes plans, pour tes agendas macabres,
Pour ton cynisme assassin enveloppé de palabres.
Ainsi, en Lybie, où des enfants meurent toujours,
Tes cadeaux sont performants dans les mains des tueurs,
Et comme par hasard, les dictateurs sont vos alliés,
Et les armes constituent votre cadeau empoisonné,
Seuls les peuples partout subissent les génocides,
Sous couvert d'un roi, un leader ou un guide,
Commandité d'en haut par un capital cupide,
Ayant une main forte, décisive et rapide,
Pour garder le débit des richesses minières,
En rivière couler vers sa propre embouchure.
Gardez vos cadeaux Messieurs, gardez vos dictateurs,
Nos peuples veulent désormais, s'affranchir de la peur,
Résister par la paix, la sagesse et l'amour,
Dompté la liberté et la chevaucher pour toujours.
Lihidheb mohsen éco artiste 15.06.2011
Mémoire de la mer et de l'homme Zarzis
ACTA est une offensive de plus contre le partage de la culture sur Internet. ACTA (pour Anti-Counterfeiting Trade Agreement ou accord commercial anti-contrefaçon) est un accord négocié secrètement de 2007 à 2010 par un petit "club" de pays (39 pays, dont les 27 de l'Union européenne, les États-Unis, le Japon, etc). Négocié plutôt que débattu démocratiquement, ACTA contourne les parlements et les organisations internationales pour imposer une logique répressive dictée par les industries du divertissement.
ACTA créerait de nouvelles sanctions pénales forçant les acteurs de l'Internet à surveiller et à censurer les communications en ligne. Cet accord est donc une menace majeure pour la liberté d'expression en ligne et est porteur d'insécurité juridique pour les entreprises de l'Internet. Au nom du droit des marques et des brevets, il pourrait également freiner l'accès aux médicaments génériques dans les pays pauvres.
Le Parlement européen a désormais une occasion ultime de rejeter l'ACTA.
« Encouragé par les même lobbies extrémistes que PIPA et SOPA aux États-Unis, ACTA est une initiative globale visant à protéger des industries rentières qui dominent l'économie mondiale. Le projet de rapport pour avis présenté par M. Zahradil en commission DEVE néglige tous les problèmes cruciaux posés par ACTA : son absence de légitimité démocratique, la vision dépassée du commerce international qu'il promeut, son impact sur l'accès aux médicaments dans les pays en développement, mais aussi sur la liberté d'expression et l'innovation de par le monde. Les membres du Parlement européen, à commencer par la commission en charge du développement, doivent prendre pleinement en compte ces différents problèmes et rejeter ACTA une fois pour toutes. Les citoyens doivent agir pour s'assurer que le Parlement européen reçoit le message. », déclare Jérémie Zimmermann, porte-parole de La Quadrature du Net.
Manuel Valls, le responsable de la communication de François Hollande, a été adoubé par le groupe Bilderberg, un des cénacles les plus sélects de l’oligarchie. C’est ce que révèle le journaliste Bruno Fay. Créé en 1952 pour rapprocher les élites américaines et européennes, le groupe réunit chaque année des grands dirigeants économiques et des politiques prometteurs. En tant que "socialiste ouvert", M. Valls a ainsi été invité par le groupe Bilderberg, "afin de lui ouvrir les yeux sur certains points".
Le Japon, irradié pour les siècles, ne s'éclaire plus qu'avec cinq réacteurs atomiques sur cinquante deux et prévoit (sous la pression de l'opinion publique) sa sortie définitive du nucléaire courant 2012.
Concentration exceptionnelle de moyens militaires nucléaires
Voici la note qui m’a été communiquée le 20/1.
« Il y a trois jours, un avion Dassault Mirage 2000D (ou 2000N selon les sources) français, équipés pour des missions de frappe nucléaire à grande distance de leur base, a percuté un Boeing F-15* de la Royal Saudi Air Force, dans le nord du royaume saoudien, lors d’un exercice aérien. Les trois pilotes (un saoudien et deux français) n’ont souffert que quelques égratignures légères. « Il s’agit d’un exercice conjoint entre un Mirage appartenant aux armées françaises et un F-15 saoudien, peut-on lire dans une dépêche officielle, et les deux pilotes se sont éjectés sans encombre **».
Question : l’OTAN prépare t-il une intervention en Syrie ou en Iran ? Pourquoi avoir utiliser ce Mirage 2000, spécialement équipé pour des frappes nucléaires à grande distance ?
Rappelons que l’OTAN dispose dans le détroit d’Ormuz depuis trois semaines du USS Carl Vinson, du USS John C. Stennis et du USS Abraham Lincoln***, quatre ou cinq croiseurs et destroyers anti missile Aegis, plus un nombre important de sous marins, frégates et destroyers et navires de soutien. Plus les navires d’assaut USS Makin Island, capables de lancer des assauts sous marins, le USMC Harriers avec des hélicoptères d’attaque et d’assaut.
Plus encore, le USS New Orleans et le USS Pearl Harbor.* ***
En outre, la marine français a dépêché sur place le Charles De Gaulle, la marine britannique a renforcé sa flotte avec le porte avions HMS Daring.
En tout, environ le tiers des avions de frappe nucléaire du monde entier se trouve en ce moment basé près du Détroit d’Ormuz. »
* produit par Boeing depuis que McDonnel-Douglas qui l’a créé a été absorbé par Boeing ; l’aviation saoudienne possède 87 exemplaires du F-15 C, une version monoplace.
** le communiqué cité évoque le sort des deux pilotes français.
*** il s’agit de trois porte-avions, ce qui implique au moins deux groupes de combat aéronaval, sinon trois.
**** transporteurs d’engins amphibies.
Pourquoi une telle concentration d’armes occidentales de destruction massives ?
(...)
Un bruit de bottes que la presse conventionnelle n’entend pas (...)
Suite sur le blog de Raoul Marc Jennar : www.jennar.fr/?p=2265
A la caisse d'un supermarché, une vieille dame choisit un sac en plastique pour ranger ses achats.
La caissière lui reproche de ne pas se mettre à l'écologie et lui dit:
- Votre génération ne comprend tout simplement pas le mouvement "écologique". Seuls les jeunes vont payer pour la vieille génération qui a gaspillé toutes les ressources !
La vieille femme s'excuse auprès de la caissière et explique :
- Je suis désolée, il n’y avait pas de mouvement écologiste de mon temps.
Alors qu'elle quitte la caisse, la mine déconfite, la caissière ajoute :
- Ce sont des gens comme vous qui ont ruiné toutes les ressources à nos dépens.
C'est vrai, vous ne considériez absolument pas la protection de l'environnement dans votre temps !
Quelque peu énervée, la vieille dame fait observer, qu'à l'époque on retournait les bouteilles de verre consignées au magasin. Le magasin les renvoyait à l'usine pour être lavées, stérilisées et remplies à nouveau. Les bouteilles étaient recyclées, mais on ne connaissait pas le mouvement écologique.
Elle ajoute :
- De mon temps, on montait l'escalier à pied: on n'avait pas d'escaliers roulants et peu d’ascenseurs. On ne prenait pas sa voiture à chaque fois qu'il fallait se déplacer de deux rues. On marchait jusqu'à l'épicerie du coin.
Mais, c'est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologiste.
On ne connaissait pas les couches jetables. On lavait les couches des bébés. On faisait sécher les vêtements dehors sur une corde à linge, pas dans un machine de 3 000 watts. On utilisait l'énergie éolienne et solaire pour sécher les vêtements. On ravaudait systématiquement les vêtements qui passaient d'un frère ou d'une sœur à l'autre.
Mais, vous avez raison, on ne connaissait pas le mouvement écologiste.
On n'avait qu'une TV (quand on en avait une…) ou une radio dans la maison ; pas une dans chaque chambre. Et la télévision avait un petit écran de la taille d'une boîte de pizza, pas un écran de la taille de l'État du Texas.
On avait un réveil qu’on remontait le soir.
Dans la cuisine, on s'activait pour préparer les repas ; on ne disposait pas de tous ces gadgets électriques spécialisés pour tout préparer sans efforts et qui bouffent des watts autant qu'EDF en produit. Quand on emballait des éléments fragiles à envoyer par la poste, on utilisait comme rembourrage du papier journal ou de la ouate, dans des boîtes ayant déjà servi. Pas des bulles en mousse de polystyrène ou en plastique.
On n'avait pas de tondeuses à essence autopropulsées ou autoportées .On utilisait l'huile de coude pour tondre le gazon. On travaillait physiquement. On n'avait pas besoin d'aller dans un club de gym pour courir sur des tapis roulants qui fonctionnent à l'électricité.
Mais, c'est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologiste.
On buvait de l'eau à la fontaine quand on avait soif. On n'utilisait pas de tasses ou de bouteilles en plastique à jeter. On remplissait les stylos dans une bouteille d'encre au lieu d'acheter un nouveau stylo.
On remplaçait les lames de rasoir au lieu de jeter le rasoir entier après quelques utilisations.
Mais, c'est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologiste.
Les gens prenaient le bus, le métro, le train et les enfants se rendaient à l'école à vélo ou à pied au lieu d'utiliser la voiture familiale et maman comme un service de taxi 24 heures sur 24. Les enfants gardaient le même cartable durant plusieurs années, les cahiers continuaient d'une année sur l'autre, les crayons de couleurs, gommes, taille- crayon et autres accessoires duraient tant qu'ils pouvaient, pas un cartable tous les ans et des cahiers jetés fin juin, de nouveaux crayons et gommes avec un nouveau slogan à chaque rentrée.
Mais, c'est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologiste.
On n’avait qu’une prise de courant par pièce, et pas de bande multiprises pour alimenter toute la panoplie des accessoires électriques indispensables aujourd'hui.
ALORS, VIENS PAS ME FAIRE CHIER AVEC TON MOUVEMENT ÉCOLOGISTE !
NB: J'ai reçu ce texte non signé, par mail-liste. Le titre original est "La vengeance des vieux".
L'illustration est une création de Stumbleupon, je crois. Je n'arrive pas à retrouver sa page dans l'océan intersidéral du net.
Il y a deux manières de raconter ce qui se passe en Europe. Selon le storytelling dominant, nous avons trop dépensé. Experts et éditorialistes devisent sur la France qui, comme les autres pays dépensiers, "vit depuis plus de trente ans à crédit". L'enjeu pour la gauche serait seulement de "donner du sens à la rigueur" en attendant de "relancer la croissance".
Ce scénario semble aussi évident que l'air que nous respirons. Il est pourtant contraire aux principaux chiffres officiels, et une narration alternative apparaît mieux fondée. Ainsi selon le rapport sur "La dépense publique et son évolution", publié par Bercy, la part des dépenses publiques dans le PIB français est passée de 52,8 % dans les années 1990 à... 52,9 % dans les années 2000. (...)
L'Islande a terminé l’année 2011 avec une croissance économique de 2,1% et selon les prévisions de la Commission européenne, elle va faire le triple du taux de croissance attendu pour l’UE en 2012 (1,5%). Pour 2013 la croissance devrait atteindre 2,7%, principalement à cause de la création d’emplois. L’Islande est le pays qui a nationalisé les banques privées et qui a emprisonné les banquiers responsables de la crise. [www]
Ceci dit les islandais se foutent royalement de ce que peut bien penser la Commission Européenne et encore plus du triple ah ah ah :-) !
En cette époque craignos où le monde se durcit, des moments de tendresse, tout simples, tellement évidents quand on y pense, déjouent l'anonymat de la rue et la course du temps.
"For one moment our lives met our souls touched"
Oscar Wilde
ps linguistique: Comment transcrire cette phrase en (bon) français ?
Je n'y suis pas arrivé.
STAllMAN AVAIT MALHEUREUSEMENT RAISON DEPUIS LE DÉBUT
Le cauchemar paranoïaque et apocalyptique d’un geek psychorigide est en passe de devenir réalité.
Trente ans, trente ans que Stallman et la Free Software Foundation répètent inlassablement qu’il est fondamental que ce soit l’homme qui contrôle le logiciel, et donc la machine, et non l’inverse.
Le discours est peut-être radical sur le fond (car il ne souffre d’aucune compromission) et parfois excentrique dans la forme (le personnage Richard Stallman[1]) mais, comme Thom Holwerda ci-dessous, nous sommes de plus en plus nombreux à réaliser sa justesse et sa pertinence au fur et à mesure que le temps passe et les libertés s’amenuisent.
C’est d’ailleurs aussi voire surtout pour cela que nous avions traduit et enrichi avec lui sa biographie où figure en exergue cette citation de Lessig qui, cela dépend de nous, peut tout aussi bien être prémonitoire que tomber dans l’oubli :
« Chaque génération a son philosophe, écrivain ou artiste qui saisit et incarne l’imaginaire du moment. Il arrive que ces philosophes soient reconnus de leur vivant, mais le plus souvent il faut attendre que la patine du temps fasse son effet. Que cette reconnaissance soit immédiate ou différée, une époque est marquée par ces hommes qui expriment leurs idéaux, dans les murmures d’un poème ou dans le grondement d’un mouvement politique. Notre génération a un philosophe. Ce n’est ni un artiste ni un écrivain. C’est un informaticien. »
Remarque : On notera que l’auteur fait référence à une récente et marquante conférence de Cory Doctorow qui affirme l’importance de gagner la guerre actuelle contre le copyright, prélude, ni plus ni moins selon lui, à une future éventuelle guerre totale contre le Net et donc les citoyens. Nous aurons l’occasion d’en reparler car notre fine équipe Framalang a prévu son sous-titrage.
Richard Stallman avait raison depuis le début
Richard Stallman Was Right All Along
Thom Holwerda - 2 janvier 2012 - OSNews.com
(Traduction Framalang : Lolo le 13, Goofy, Slystone, e-Jim, Pandark et Clochix)
À la fin de l’année dernière, le président Obama a signé une loi qui permet de maintenir indéfiniment en détention des gens soupçonnés de terrorisme sans la moindre forme de procès ou de jugement en bonne et due forme. Les manifestants pacifiques des mouvements Occupy du monde entier ont été qualifiés de terroristes par les autorités. Des initiatives comme SOPA promeuvent une surveillance constante de tous les canaux de communication.
Il y a trente ans, lorsque Richard Stallman a lancé le projet GNU, et pendant les trois décennies qui ont suivi, ses vues radicales et parfois extrêmes ont été raillées et méprisées comme étant de la paranoïa — mais nous y voici, en 2012, et ses suppositions paranoïaques sont devenues réalité.
Jusqu’à récemment, il était facile d’écarter Richard Stallman en le qualifiant de fanatique paranoïaque, quelqu’un qui avait depuis longtemps perdu le contact avec la réalité. Une sorte d’éternel hippie des ordinateurs, la personnification parfaite de l’archétype du nerd vivant retiré du monde dans le garage d’une maison. Sa barbe, ses cheveux, sa tenue — dans notre monde d’apparences, il était très facile de l’écarter.
Ses positions ont toujours été extrêmes. Son unique ordinateur est un netbook Lemote Yeelong, car c’est le seul ordinateur qui n’utilise que des logiciels libres — pas de binaires dans le firmware, pas de BIOS propriétaire ; il est complètement libre. Il refuse également de posséder un téléphone portable, car ils sont trop simples à pister. En attendant qu’il existe un téléphone mobile équivalent au Yeelong, Stallman ne veut pas en posséder.
En règle générale, tous les logiciels devraient être libres. Ou, comme le dit la Free Software Foundation :
À mesure que notre société devient plus dépendantes des ordinateurs, les logiciels que nous utilisons sont d’une importance critique pour sécuriser l’avenir d’une société libre. Le logiciel libre permet d’avoir le contrôle de la technologie que nous utilisons dans nos maisons, nos écoles, nos entreprises, là où les ordinateurs travaillent à notre service et au service du bien commun, et non pour des entreprises de logiciels propriétaires ou des gouvernements qui pourraient essayer de restreindre nos libertés et de nous surveiller.
J’ai, moi aussi, ignoré Richard Stallman que je jugeais trop extrême. Le logiciel libre pour combattre les gouvernements qui contrôlent et espionnent ? Des entreprises démoniaques prêtes à prendre le contrôle du monde ? Le logiciel comme outil pour surveiller les canaux de communication privés ? Ok, je suis d’accord, le logiciel libre est important, et je le choisis à chaque fois qu’il implémente les mêmes fonctionnalités que les solutions propriétaires, mais de là à croire et adhérer aux sornettes de Stallman et de la FSF…
Or nous y voici.
Nous sommes au début de 2012 et Obama a signé le NDAA, qui autorise la rétention indéfinie de citoyens américains sans aucune forme de jugement ou de procès, simplement parce qu’ils sont suspectés de terrorisme. Au même moment, nous avons la loi SOPA, qui, si elle passe, mettrait en place un système dans lequel les sites peuvent être débranchés du Web, une fois encore sans la moindre forme de jugement ou de procès, tout en autorisant également la surveillance du trafic Internet. Combinez cela avec la façon dont les autorités ont qualifié de terroristes les mouvements Occupy et vous pouvez voir où cela nous amène.
Au cas où ça vous rappelle la Chine et des régimes totalitaires similaires, vous n’êtes pas le seul. Même l’Association du Cinéma d’Amérique, la MPAA, clame fièrement que ce qui fonctionne en Chine, Syrie, Iran et dans d’autres pays devrait fonctionner aux États-Unis. La Grande Muraille pare-feu de Chine et les systèmes de filtrage similaires sont glorifiés et cités en exemple dans ce qui est supposé être le monde libre.
Le nœud du problème ici est qu’à la différence de jadis, à l’époque où les régimes répressifs avaient besoin de réseaux compliqués de police secrète et d’informateurs pour surveiller les communications, tout ce dont ils ont besoin à présent est de contrôle sur le logiciel et le matériel que nous utilisons. Nos ordinateurs de bureau, nos portables, nos tablettes, nos smartphones, et toutes sortes de terminaux jouent un rôle dans pratiquement toutes nos communications. Vous pensez être à l’abri lorsque vous communiquez en face-à-face ? Réfléchissez-y à deux fois. Comment avez-vous préparé la rencontre ? Au téléphone ? Via le Web ? Et qu’est-ce que vous avez dans votre poche ou votre sac, toujours connecté au réseau ?
C’est contre cela que Stallman nous a mis en garde pendant toutes ces années — et la plupart d’entre nous, moi compris, ne l’ont jamais réellement pris au sérieux. Cependant, à mesure que le monde change, l’importance de la possibilité de vérifier ce que fait le code dans vos terminaux — ou de le faire faire par quelqu’un d’autre si vous n’en avez pas les compétences — devient de plus en plus évidente. Si nous perdons la possibilité de vérifier ce que font nos ordinateurs, nous sommes foutus.
C’est au cœur de ce que croient la Free Software Foundation et Stallman : que le logiciel propriétaire enlève à l’utilisateur le contrôle sur la machine, ce qui peut avoir des conséquences désastreuses, en particulier à présent que nous dépendons des ordinateurs pour à peu près tout ce que nous faisons. Le fait que Stallman l’ait prévu il y a près de trois décennies est remarquable, et donne raison à son activisme.
Et en 2012, nous allons avoir plus que jamais besoin de logiciels libres. Au récent Chaos Computer Congress de Berlin, Cory Doctorow a donné une conférence intitulée La guerre à venir sur l’informatique généraliste (NdT : The Coming War on General Purpose Computation). À cette occasion, Doctorow nous informa que l’ordinateur dont le contrôle complet est accessible à l’utilisateur est perçu comme une menace pour l’ordre établi actuel. La guerre du copyright ? Rien de plus qu’un prélude à la vraie guerre.
« En tant que membre de la génération Walkman, j’ai accepté le fait que j’aurai sûrement bientôt besoin d’implants auditifs, et, bien sûr, il ne s’agira pas de prothèses au sens classique, mais bien d’un ordinateur implanté dans mon corps », explique Doctorow. « Donc, lorsque je rentre dans ma voiture (un ordinateur dans lequel j’insère mon corps) avec mes audioprothèses (un ordinateur que j’insère dans mon corps), je veux être certain que ces technologies n’ont pas été conçues de manière à me cacher des choses, ni à m’empêcher de mettre fin à des processus qu’elles exécutent et qui nuiraient à mes intérêts ».
Et ceci est vraiment le coeur de la problématique. À partir du moment où les ordinateurs s’occupent de choses comme l’audition, la conduite automobile, et bien d’autres choses encore, nous ne pouvons plus nous permettre d’être privés d’accès à leur code. Nous devons avoir un droit de regard sur leur fonctionnement interne et pouvoir comprendre ce qu’ils font, afin de nous assurer que nous ne sommes pas surveillés, filtrés ou manipulés. Il y a peu, j’aurais encore affirmé que tout ceci n’est que pure paranoïa, mais avec tout ce qui se passe ces derniers temps, ce n’est plus de la paranoïa. C’est la réalité.
« À l’avenir, la liberté exigera de nous que nous ayons la capacité de surveiller nos appareils, de leur imposer ce que nous voulons qu’ils fassent, de définir une politique éthique et sensée pour leur utilisation, d’examiner et de pouvoir choisir et mettre fin aux processus qu’ils exécutent, afin qu’ils restent nos fidèles serviteurs, et non des traîtres et des espions à la solde de criminels, de voyous et d’obsédés du contrôle, qu’ils soient individus, États ou multinationales », nous avertit Doctorow, « Nous n’avons pas encore perdu, mais il nous faut gagner la guerre du Copyright afin de garder Internet et nos ordinateurs libres et ouverts. Parce que ces derniers sont les armes des guerres à venir, nous serons incapables de nous battre sans eux. »
Voilà pourquoi vous devriez soutenir Android (pas Google, mais Android), même si vous préférez l’iPhone. Voilà pourquoi vous devriez soutenir Linux, même si vous utilisez Windows. Voilà pourquoi vous devriez soutenir le serveur Web Apache, même si vous utilisez Microsoft IIS. Il va arriver un moment où être libre et ouvert ne sera plus seulement un avantage amusant, mais une nécessité.
Et ce moment approche beaucoup plus rapidement que vous ne le pensez.
Note perso: L'article n'est pas à prendre entièrement à la lettre; il comporte en effet quelques erreurs, notamment sur androïd qui n'est pas libre, comme le soulignent certains commentateurs.
D'où l'intérêt pour ceusse que ça intéresse de lire l'article en ligne et les commentaires ici: [www]
Comme il fallait s'en douter vu leurs curriculums pro-FMIstes, Mr Hollande et son staff trempent dans la mélasse ultra-libérale (voir François Hollande et le monde des affaires http://www.jolimai.org/?p=193) et il y a fort à parier que les banquiers s'ils se pissent dessus, le font plutôt de rire que de terreur face au péril rouge.
Mais comme je ne suis pas si méchant, j'invite mes lecteurs éventuels à parcourir également : Avec François Hollande http://www.filoche.net/2012/01/09/tous-avec-francois-hollande/, un billet de Gérard Filoche qui lui, bien qu'adhérent au ps, est un syndicaliste pur jus et un homme de gauche sincère (m'est avisse).
J'avoue cependant que j'ai fait des bons au plafond en le lisant, pour finalement retrouver un peu de calme en tombant, le lendemain dans la discussion qui s'en est suivie, sur l'un de ses commentaires que je site texto:
"je le dis de façon concentrée, le seul enjeu, la seule chance de cette élection : chasser Sarkozy…
malheureusement ce n’est pas dans cette élection biaisée, antidémocratique, binaire qu’on parlera programme
n’ayez pas d’illusions électoralistes, ce sont les luttes encouragées par la victoire qui seront plus importantes
et les portes seront ouvertes aux luttes si on chasse le sale mec qui occupe l’Elysée, celui qui ment, triche, vole, manipule, pour le compte de ses amis banksters".
Commentaire qui a eu l'effet de me rassurer sur la bonne foi de son auteur, mais me laisse rêveur quand au bienfondé de la stratégie invoquée.
Certes les médias nous montrent souvent des citoyens indignés qui n’arrivent pas à mettre les mots justes sur leurs maux. Et dans la masse des indignés réunis sur une place publique symbolique, on retrouve des militants aguerris à toutes les luttes, à côté d’un grand nombre de jeunes révoltés, poussés par des ressentiments diffus. Mais les élites politiques et intellectuelles des pays opulents ont tort de sous-estimer ces mouvements, comme les dictateurs arabes et leurs soutiens occidentaux n’avaient compris que trop tardivement, qu’ils avaient eu tort de mépriser les peuples arabes, en croyant que leurs polices secrètes pouvaient bien les renseigner sur l’état de l’opinion et leurs miliciens pouvaient faire régner éternellement l’injustice par la terreur.
Ce dictionnaire factuel présente 150 faits, situations, comportements, actions, réactions, …, et la perception qu’en font les citoyens indignés. Depuis le début de la crise – le divorce entre « le pays réel » et « le pays légal » –, ces citoyens ont plus d’un motif d’indignation, mais tous les indignés ne savent pas mettre les bons mots sur leurs vrais maux, qu’ils soient de Casablanca ou de Madrid, de New York ou de Moscou, de Paris ou de Londres, de Durban ou de Tokyo. Aujourd’hui nous avons deux catégories d’indignés, ceux qui se rassemblent sur les places publiques symboliques pour exprimer leur désaccord avec le « pays officiel » et ceux qui attendent que leurs voisins, amis, collègues, confrères, s’indignent à leur place, par procuration, pour se sentir soulagés.
L’indignation est une composante de la liberté du citoyen lésé et abusé par les élites de son pays. Tout rassemblement d’indignés rappelle à ces élites, par l’endroit symbolique qu’ils occupent, que ces hommes et femmes réunis, subissant fréquemment les charges de la police, ont répondu à un appel pour exercer pleinement et entièrement leur citoyenneté.
1. Le citoyen doit s’indigner de certains usages que font des deniers publics les gouvernements et les élus.
2. Le citoyen doit s’indigner de l’usage qu’ils font, en partie, de la confiance qu’il leur a accordée.
3. Le citoyen doit s’indigner de l’image qu’ils montrent aux peuples et nations du monde.
4. Le citoyen doit s’indigner du fait que l’hypocrisie et le cynisme font d’une activité noble (la politique), une activité dépréciée par des élites politiques indignes de gouverner les nations.
5. Le citoyen doit s’indigner de la fuite en avant du pouvoir politique qui ne sait que produire chaque année plus de lois et règlements sans arriver à éradiquer les causes des crimes et délits en augmentation.
6. Le citoyen doit s’indigner du comportement inacceptable des policiers dans de nombreuses circonstances, particulièrement contre les jeunes et les populations des quartiers pauvres.
7. Le citoyen doit s’indigner des liens tissés par le gouvernement de son pays, avec les dictateurs et tyrans, entretenus au nom des intérêts économiques nationaux au mépris des règles de justice.
8. Le citoyen doit s’indigner de la violation systématique des règles éthiques et morales dans son pays.
9. Le citoyen doit s’indigner de la promotion de « pseudo-libertés » qui servent de diversion afin d’empêcher les peuples d’exiger le respect des libertés fondamentales.
10. Le citoyen doit s’indigner de l’égoïsme des riches et de l’indifférence des institutions à l’égard de la misère des peuples pauvres.
11. Le citoyen doit s’indigner de l’indignation sélective des élites politiques et intellectuelles de son pays face aux drames et injustices dans le monde.
12. Le citoyen doit s’indigner du refus de réagir vigoureusement ensemble à la dégradation avancée de l’environnement physique et bactériologique de notre planète.
13. Le citoyen doit s’indigner du désordre moral sciemment entretenu par la prolifération volontaire de certaines productions culturelles décadentes servant à abrutir les classes populaires sans moyens d’auto-défense intellectuelle.
14. Le citoyen doit s’indigner des choix de société conçus pour que le futile (gaspillage) prenne la place de l’utile (nécessaire), en miroitant la perspective d’un bonheur éternel au consommateur.
15. Le citoyen doit s’indigner devant le harcèlement que font subir, aux plus vulnérables, les marchands et leurs auxiliaires (publicitaires, banquiers, assureurs) pour les inciter à consommer toujours plus.
16. Le citoyen doit s’indigner des choix de société sciemment établis pour protéger des intérêts particuliers, tout en œuvrant pour détourner l’attention des citoyens des problèmes inhérents à ces choix.
17. Le citoyen doit s’indigner du contenu des programmes éducatifs qui produisent en masse, parmi les enfants des classes populaires et moyennes, des citoyens intellectuellement désarmés ne pouvant jamais réfléchir seuls sans l’aide de « la voix» des medias, plus particulièrement celle de la télévision.
18. Le citoyen doit s’indigner du détournement des consciences, transformant certains citoyens en simples chambres d’échos aux slogans conçus par les «intellectuels escrocs » et les «intellectuels faussaires».
Mokhtar Lakehal (Mokhtar Lakehal Bouhadi Amar) est un économiste universitaire algérien indépendant vivant en France depuis 1974, qui a travaillé sur la socioéconomie de la ressource humaine, l'économie du développement, la protection sociale, les systèmes et structures économiques, l'entreprise et les enjeux de la mondialisation, l'économie des pays du Maghreb, la méthodologie des sciences économiques et sociales. Il a enseigné à l’Université de Paris III Sorbonne Nouvelle, l’Université de Paris IV Sorbonne, l’UPEC (Université Paris-Est Créteil, Paris XII), au CNFPT Ile de France, à Sciences-Po Paris, ainsi que dans d’autres établissements d’enseignement supérieur. Il a publié cinq dictionnaires et une cinquantaine de travaux et d’ouvrages d’économie, de sociologie, d’histoire et de politique, et a collaboré dans des revues et journaux français et étrangers où il a publié près d’une centaine d’articles.
Télécharger le dictionnaire factuel des citoyens indignés.pdf: [www]